L’Europe est-elle un projet humaniste ?

Suite à mes nombreuses critiques de l’Union Européenne sur Facebook, l’un de mes contacts m’a posé une longue question sur les implications du renoncement à l’Europe. Plutôt que lui répondre en privé j’ai profité de l’occasion pour rédiger une réponse développée, que je publie ici afin qu’elle puisse profiter à tout le monde.

Notez que si j’ai conservé la formulation des différents points de sa question, je l’ai décomposée en plusieurs questions que j’ai adaptées librement pour des soucis de clarté :

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« Quelles sont les solutions face aux problèmes que ça poserait de quitter l’Europe qui, bien qu’elle soit défaillante, réunis des pays ensemble ?»

La France est unie aux autres pays par 6600 traités internationaux, les traités de l’Union européennes ne représentent que deux d’entre eux. Sortir de l’Europe c’est pas se replier sur soi-même (ça c’est ce que le FN cherche à faire croire et je doute que ça soit désintéressé), c’est au contraire s’ouvrir sur le monde, car loin d’unir les pays l’union européenne les divise. Un exemple concret c’est que du fait de notre appartenance à l’UE, la France subventionne à hauteur de plusieurs milliards d’euros tous les ans des pays comme l’Estonie ou la Lettonie qui ont des gouvernements d’extrême-droite mais pas d’autres pays avec lesquels elle a une proximité historique ou culturelle, comme par exemple les pays de la francophonie qu’on délaisse complètement. Pire encore, la France s’abstient par « solidarité européenne » d’approuver la dénonciation à l’ONU que pose la Russie tous les ans contre ces deux pays (Lettonie et Estonie) parce qu’ils célèbrent, avec approbation de leurs gouvernements, les Waffen SS qu’ils considèrent les avoir libérés du communisme. La France, pays occupé par Hitler qui a résisté pour reconquérir sa liberté et l’a obtenue largement grâce à la Russie (car c’est la Russie qui a vaincu l’Allemagne Hitlérienne et non pas les états-unis), s’abstient de dénoncer la célébration des Waffen SS dans ces pays, au prétexte qu’ils sont nos alliés par notre appartenance à l’EU. Je sais pas si tu réalise bien le symbole de ce renoncement des valeurs humanistes de la France auquel nous contraint notre appartenance à l’EU…

Mais au delà de cet aspect « symbolique », ça a des implications politiques très concrètes. Par exemple l’Algérie et la Tunisie, eux, ne font pas partir de l’Union Européenne, donc on leur tourne le dos malgré l’histoire commune que nous avons avec ces pays. Bien sûr cette histoire n’a pas toujours été joyeuse, il ne s’agit pas de dire que la France est parfaite, seulement c’est des pays qui parlent notre langue, qui se sentent proche de la France et dont la population est très largement représentée chez nous. Balade-toi dans la rue : combien tu vois d’algériens et de tunisiens ? Pas mal quand même ; combien tu vois de Lettons et d’estoniens ? Personnellement j’en ai encore jamais vu. Tu trouves ça normal qu’on soutienne économiquement et administrativement ces deux derniers pays en vertu de leur appartenance à l’UE mais qu’on méprise complètement l’Algérie et la Tunisie alors qu’ils sont largement représentés chez nous et dont les français qui en sont originaires sont pour beaucoup les descendants de ceux qui sont venus libérer la France du nazisme aux cotés de la résistance ou l’aider à reconstruire après la guerre ? Quel message on est en train d’envoyer à ces français-là, sinon du mépris ? On est en train de créer un fossé entre les populations de France qui commence à avoir des relents de guerre civile. Eux s’enferment de plus en plus dans leurs origines et leur religion parce qu’on leur interdit d’être français et les accuse d’être ici clandestins ; nous on nous dit sur BFNTV qu’ils « ne veulent pas s’intégrer », que c’est eux les responsables de la politique d’apartheid qu’on met en place contre eux et non pas les victimes alors même qu’ils sont nés ici et ont grandit ici. Certains n’ont jamais mis les pieds dans leurs pays d’origine, ils sont « plus français » que moi-même qui suis descendant d’immigrés italiens et suis retourné pas mal de fois en Italie. Mais à eux on leur refuse le droit de s’identifier français et on les traite de parasites sociaux, tandis qu’à moi personne ne m’a jamais reproché d’être d’origine italienne. En vertu de quoi exactement on fait cette distinction ?

On est en train de nous dresser les uns contre les autres au seul prétexte qu’ils existerait des pays serviettes et des pays torchons ; des « gentils » et des « méchants » ; et que ceux qui ne font pas partie de l’UE sont des pays torchons avec lesquels la France n’aurait pas à se mélanger. Ce qui a fait la grandeur de la France tout au long de son histoire c’est son ouverture sur le monde entier, au delà de tous les dogmes entre les bonnes ou mauvaises « races ». On est le peuple le plus métissé de l’histoire, celui qui a suscité l’admiration du monde par sa capacité de cohésion et de rassemblement des cultures les plus différentes, par la résilience de son unité en dépit de sa diversité dont tout le monde pariait qu’elle serait un point faible et non pas une force. C’est loin d’être une caractéristique nouvelle ni sortie de mon chapeau : c’est ce qui a distingué la France de tous les autres pays dans son histoire. L’alliance franco-ottomane en 1536 en est un bon exemple : alors que tous les pays d’Europe s’alliaient et conspiraient pour envahir la France, ce pays impur et hérétique au sang mélangé dont nombre de rois ont été excommuniés (Philippe Le Bel avait même fait assassiner le pape Boniface VIII) François 1er a franchi toutes les barrières de la bien-pensance chrétienne de l’Europe en s’alliant avec les « grands méchants Ottomans », qui étaient considérées dans le reste de l’Europe comme des souillures islamistes, ennemis de la bonne foi chrétienne. C’est ça la France dont je suis fier, celle qui dit « merde » à tous les dogmes impériaux, à tous les récits de civilisation qui voudraient dicter aux peuples que l’humanité noble se réduit à une certaine culture ou religion. L’Union Européenne n’est pas en train de nous «réunir», elle est en train de nous exclure du reste du monde en nous enfermant dans la bulle de pays « gentils » qui se doivent de tourner le dos aux pays « méchants ».

« Si le 3eme le plus riche des 28 donne plus aux travailleurs que les pays à 200€ de SMIC c’est carrément normal, 5 fois plus ! C’est pas du gaspillage que soutenir les petits pays qui tentent d’entrer, ni de se soutenir entre pays tout court »

Sauf que justement l’opération ne profite pas à ces pays là. C’est au contraire du pillage de leurs ressources humaines et de l’exploitation de leur main d’œuvre à bas prix : une nouvelle forme d’apartheid, planétaire, dans lequel il y aurait des peuples nantis et des peuples esclaves. Ce ne sont pas les entreprises de ces pays qui profitent de ces « travailleurs détachés» que permettent les traités ; Ces entreprises là sont désavantagées, car si elles voulaient exploiter le marché des pays riches elles devraient payer leurs employés au salaire français, ce qui est totalement hors de leurs moyens. C’est donc les entreprises des pays riches qui y recourent car certes ils payent ces travailleurs au SMIC français, mais par contre ils payent les charges sociales des pays d’origine, c’est à dire rien ou presque pour la Bulgarie par exemple. Sachant que ces charges représentent grosso modo 50% du salaire brut en France, ça fait qu’un travailleur déplacé leur coûte 2 fois moins cher qu’un travailleur français. Résultat : ils embauchent ceux là, voire carrément ils délocalisent leur usine là bas (et leurs profits au Luxembourg) et invitent avec un cynisme remarquable leurs employés à les suivre là bas s’ils veulent conserver leur travail… au salaire de là bas ! Selon le même texte de loi qui oblige à payer au SMIC français les travailleurs détachés, n’est-ce pas magnifique ? Non seulement c’est la grande braderie de l’exploitation mais en plus ils se dédouanent d’avoir mis de gens au chômage, car c’est eux qui font le chois de pas suivre l’entreprise là où elle délocalise, donc on vient ensuite nous dire que le problème c’est que le travailleurs français « ne veut pas travailler », il ne fait aucun effort. D’ailleurs si le chômage augmente c’est sûrement parce que les français sont piqués de paresse et qu’ils ont décidé dernièrement de rester chez eux mourir de faim plutôt que se lever tôt le matin, d’ailleurs vivement qu’on nous supprime ces allocations qui encourage à cette paresse. Tu vois un peu le récit que ça permet cette « ouverture du marché du travail » ?

Donc nous on perd nos emplois ici et on nous explique en prime que c’est parce qu’on « coûte » trop cher à l’employeur (comme si un employé coûtait de l’argent au patron au lieu d’en rapporter) ; qu’on n’est pas « compétitifs », que le SMIC est un « frein à l’économie » etc. etc. Ils se servent de ça pour réviser à la baisse le coût de la main d’œuvre ici, sûrement pas pour l’augmenter là bas. Et ce n’est que la première étape du projet, on en voit déjà la suite transparaître dans les recommandations du conseil européen de cette année comme dans le discours politique de nos chers candidats : le plan c’est clairement de parvenir à supprimer le SMIC, ou à défaut de le geler comme c’est d’ailleurs écrit noir sur blanc dans les recommandations (cf. l’augmentation ridicule cette année encore) de sorte à ce qu’avec l’inflation il baisse mécaniquement et de manière discrète. Lorsqu’ils auront réussi à faire supprimer le SMIC, ou à le rendre dérisoire, alors tu crois qu’ils vont embaucher ces travailleurs détachés, habitués à bosser pour 200€/mois, à quel salaire ? Bah 200€ par mois tout simplement et les français aussi dans la foulée, même si ça se fera sous la forme d’un salaire de 1000€ (qui ne vaudra alors que ce que valent 200€ aujourd’hui car les prix auront augmenté plus vite que le SMIC).

Quelqu’un qui est employé produit de la richesse pour un patron ; et le but de ces patrons c’est de d’encaisser le maximum de cette richesse en restituant le minimum à ceux qui la produisent. Pour eux les travailleurs détachés c’est une opportunité en or de s’enrichir au maximum sur le dos de leurs employés. Résultat : certes ces travailleur, dans un premier temps, vont revenir chez eux avec un salaire plus élevé que la moyenne et ça va augmenter la richesse globale de leur pays, mais ce que tu ne vois pas c’est que dans un même temps ils auront fait gagner dix fois plus aux patrons d’ici, ce qui fait que non seulement ça aura enrichi uniquement les patrons et non pas les salariés français (qui eux perdent leur emploi et leur salaire) ; mais surtout ça aura augmenté la richesse globale des pays riches bien plus que celle des pays pauvre. Donc loin d’harmoniser les niveaux de vie entre les pays ça creuse simultanément les écarts entre les pays riches et les pays pauvres de l’UE, mais aussi entre les riches et les pauvres en France et ailleurs. Les seuls gagnants dans l’opération ce sont toujours les mêmes : les oligarques par qui et pour qui l’Union Européenne a été mise en place.

« Je considère [la sortie de l’UE et de l’Euro] comme un retour en arrière, un isolement qui nous ferait dépenser des milliards en changement de monnaie, qui fermerait nos frontières et donc nous retirerait la facilité de trouver un travail dans tout cet espace (des fois qu’on veuille travailler ailleurs qu’en France) »

Et le féodalisme, c’est un progrès ? Parce que c’est précisément vers ça qu’on se dirige avec l’UE. Certes il n’y a plus de seigneurs et de noblesse, mais ils sont remplacés par des patrons et des entreprises. Il s’agit d’asservir les peuples à la « loi du marché » exactement de la même manière qu’on asservissait auparavant les peuples à la « loi divine » (au sens où l’autorité de la noblesse était justifiée par un sang divin, bien plus qu’au sens ou ça se faisait conformément au livre de telle ou telle religion). Changer de monnaie c’est une bagatelle et en reprendre le contrôle fait que c’est bien plus rentable que coûteux comme opération. D’ailleurs il n’y a même pas lieu d’en faire un choix : l’Euro ne peux que s’effondrer, même ceux qui l’ont créé l’admettent. Joseph Stiglitz a d’ailleurs affirmé que 2017 serait l’année de l’effondrement de l’Euro. Il faudra en changer qu’on le veuille ou non, donc autant prendre les devants et éviter la casse. Quant aux frontières il ne s’agit absolument pas de les fermer, simplement de les restaurer. Quand tu voyages dans un pays hors UE la frontière ne t’interdit pas de passer, tu dois juste montrer ton passeport et parfois demander un visa. D’ailleurs la Suisse n’est pas membre de l’UE et elle n’a pas de frontières, c’est juste un choix national, on peut en avoir et les laisser ouvertes et même choisir au cas par cas. Si tu veux aller travailler ailleurs tu pourras toujours le faire et c’est même pas dit que ça sera plus compliqué ni moins avantageux que maintenant, ça dépendra juste de comment on décidera des échanges avec les pays concerné et l’avantage de la démocratie c’est que t’auras ton mot à dire dessus.

« l’Europe face a l’Asie et les États-Unis, sans être 28, serait déjà écrasée ; et le TAFTA on nous aurait même pas posé la question… »

C’est tout le contraire… Déjà pourquoi devrions-nous être opposés à l’Asie, la Russie, les États-Unis où n’importe qui d’autre ? En quoi il y a un risque d’être « écrasés » ? Pour les États-Unis je vois bien pourquoi on dirait ça éventuellement, c’est leur style, mais De Gaule n’avait pas besoin de se ficeler avec 27 états pour leur tenir tête et ça marchait très bien. S’agit-il vraiment de dialoguer mieux entre pays d’Europe ou plutôt d’entrer en conflit avec tous les autres par paranoïa comme quoi ils cherchent tous à nous « écraser » ? Mais surtout : c’est faux ! Est-ce que La Suisse ou l’Islande se sont fait imposer le TAFTA ? Non ! Ils s’en sortent très bien, pourtant ils sont « seuls », « isolés », « tout petits », comme on essaye de nous faire croire que c’est le cas de la France. Nous sommes la 6ème économie mondiale et il faudrait qu’on s’unisse à 27 pays pour simplement refuser le TAFTA ?! Alors que l’Islande, du haut de ses 330 000 habitants, y résiste sans la moindre difficulté ? Tu ne vois pas un truc qui cloche là ?

L’Europe ne nous protège pas du TAFTA, elle nous l’impose ! C’est la même logique de guerre économique : de même que les oligarques américains ont tout fait pour soutenir l’Europe depuis le début, le TAFTA c’est la cerise sur le McDo pour leur ouvrir ce marché unique servile qu’ils ont permis de mettre en place ici et en tirer un profit maximal. L’union européenne leur permet déjà d’en profiter en ouvrant son marché aux pays tiers, mais le TAFTA… alors là c’est carrément une « harmonisation à sens unique » qui fera qu’on jouera intégralement selon leurs règles à eux. Cites moi un seul européiste qui s’est opposé au TAFTA ; et je parle pas de candidats pro-europe qui s’y opposent en disant qu’il faut une autre Europe, ça c’est des slogans. Je parle de responsables influents, de membre décisionnaires des institutions européennes, Ils ne sont sûrement pas contre le TAFTA, au contraire ils font tout pour maintenir le projet à flot en dépit de la protestation quasi-unanime des peuples d’Europe. Ils sont tous là à nous dire que ça ferait gagner plein d’argent (sans préciser à qui), que ça sera génial, que c’est l’avenir, que c’est l’ouverture, la marche en avant… et puis si ça marche pas ça change de ton : de toute façon on n’a pas le choix, il faut absolument le faire, parce que sinon on va se faire dévorer par les grands méchants chinois, russes et africains ! Oulala ça fait très peur !

Le Tafta et l’Europe participent d’exactement la même logique, celle de la mondialisation. L’europe ne nous protège pas du TAFTA, c’est tout le contraire, le TAFTA n’est que la suite logique du projet Européen. La seule raison pour laquelle c’est pas encore passé, c’est pas qu’on nous ait posé la question e, vertu du fait qu’on était 28 et ça leur laissait pas le choix. Justement on ne nous l’a pas posée : on l’a posée aux parlementaires européens et c’est à nous que ça aurait été imposé s’ils n’avaient pas senti que, décidément, c’était pas mur comme délire et que s’ils votaient « pour » ils risquaient encore trop d’en prendre pour leur grade. Si on a évité le TAFTA jusqu’ici c’est pas grâce à l’Europe, c’est au contraire grâce à ce qu’il nous reste de politisation malgré l’Europe. Dans une France démocratique et hors de l’UE, non seulement on l’aurait refusé bien plus vite, mais en plus ça serait définitivement enterré. Ils ne seraient pas comme ils sont là, à se planquer dans des buissons à l’affût du premier signe d’inattention de notre part pour nous l’enfiler en douce alors qu’on est contre et qu’on l’a déjà fait savoir.

« [L’Europe est utile pour] que les pays ouvrent au moins un terrain de dialogue, pour pas repartir en guerre intestine. Même si elle sont économique sa reste des guerre. »

Il y a deux erreurs dans cet argument : le premier c’est de croire que quitter l’Europe reviendrait à fermer le dialogue et entrer en conflit avec les autres pays (l’Angleterre est toujours là, personne ne lui a déclaré la guerre, même économique, donc c’est faux) ; le second c’est de croire que l’Europe évite ces confrontations et permet le dialogue.

C’est faux, tout simplement. L’Europe est un compromis dans lequel personne ne trouve son compte, à part bien sûr les oligarques qui ont obtenu ce compromis à grand coup de lobbyisme. Regarde les relations entre le France et l’Allemagne : tu trouve qu’il y a du dialogue ? Moi j’appelle ça de la confrontation. Non seulement on ne coopère pas, on passe juste son temps à se crêper le chignon pour défendre chacun ses intérêts, mais en plus on le fait à cause de l’union européenne et non pas malgré elle. Ce qui crée du conflit c’est précisément qu’on est liés les uns aux autres par une politique unique qui ne peut tout simplement pas convenir à tous, ni même à un seul exclusivement contrairement à ce que fait croire Mélenchon au sujet de l’Allemagne.

Prend seulement deux pays différents et essaye de les faire s’accorder sur une politique commune : ça ne peut pas marcher ! Alors 28 ?! Si il y a plusieurs pays c’est précisément parce qu’ils sont différents, donc ça n’a aucun sens de leur imposer à tous une politique unique. Cette politique c’est celle des oligarques, pas celle des peuples, ça ne peux pas en être autrement. Quand il y a des peuples différents, il faut des politiques différentes. On est en train d’aller au conflit parce que personne n’est d’accord sur rien, mais on nous impose ce projet à la con qui consiste à quand même faire tous le même chose. Alors qu’il serait si simple d’arrêter ce délire là et de passer des accords commerciaux au cas par cas, afin que chacun puisse appliquer chez lui la politique qu’il veut pour lui, sans avoir besoin pour y parvenir de l’imposer à 27 autres pays qui n’en voudront pas. Qu’est-ce qui nous empêcherait de bien nous entendre avec l’Allemagne sans l’Union européenne ? Bien sûr qu’il y a eu des conflits par le passé, mais c’était une autre époque. Nous sommes au 21ème siècle, la bombe atomique nous interdit de nous déclarer une guerre ouverte dans laquelle il n’y aurait aucun gagnant ; Internet nous empêche de succomber aux récits nationalistes qui diabolisent toujours l’autre pour justifier l’agression qu’on prépare contre lui… Ce n’est plus le même monde, la compétition est en train de devenir obsolète. L’humanité à atteint un stade de développement où elle doit arrêter de se penser comme son propre ennemi. Il n’est plus possible (ou il ne le sera bientôt plus en tout cas) de penser le monde en terme de « races » qu’il s’agirait de hiérarchiser et dont « la meilleure » devrait coloniser toutes les autres. Avec internet nous commençons à penser nos rapports de manière horizontale, nous nous pensons de plus en plus en tant qu’espèce d’abord et en tant que peuple ensuite, alors que nous avons longtemps fait l’inverse. Si on veut parachever cette transition, ce paradigme qui est en train de se mettre en place, il faut cesser de penser en terme de supériorité et d’impérialisme de la pensée.

Il n’y a pas qu’une seule politique « bonne », une seule vision juste de la société qu’il s’agirait d’imposer à tous jusqu’à ce que la terre entière soit « unie » par des chaînes administratives. Il faut penser l’unité dans la diversité : nous sommes tous humains, mais nous le sommes tous avec nos propres traits culturels et personnels. C’est absurde d’essayer de tous nous uniformiser, il faut simplement apprendre à vivre ensemble dans le respect de soi-même et des autres. Ce qui doit nous unir c’est les objectifs communs de l’humanité : l’écologie, la qualité de vie de tous sans fossé de richesse (entre les peuples comme au sein des peuples), le maintient de la paix, la recherche… les raisons de coopérer ne manquent pas et elles sont assez vastes pour nous occuper encore des millénaires. C’est vers ces objectifs qu’on doit travailler ensemble, coopérer chacun pour tous et non pas être en compétition chacun pour soi. Au delà de ça chacun est maître chez soi tant que c’est compatible avec l’intérêt de tous, il n’y a pas besoin de définir une politique économique unique, surtout en passant si elle se trouve être la pire possible pour la planète et l’humanité. Que ça soit au niveau d’un pays, dont le peuple peut décider souverainement de la politique qui lui convient, ou d’une personne qui doit pouvoir jouir de la plus grande liberté dans la seule limite de la liberté des autres ; chacun doit rester libre de ses mouvements et converger vers le même objectif, pas être ligoté économiquement à d’autre jusqu’à ce que le syndrome de Stockholm fasse effet. Un monde dans lequel toutes les nations sont souveraines et coopèrent vers des grands enjeux communs de l’humanité, c’est quand même préférable à un monde englué dans un dogme politique et économique unique au détriment de la diversité de tous et au seul profit d’une petite oligarchie de gens ultra-riches qui ne savent même plus pourquoi ils cherchent à augmenter encore leur profit, tu ne pense pas ?

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